Vœux 2019 du Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN, Alain Michon.

Vœux 2019 du Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN, Alain Michon.

Rédigé le 07/01/2019
LE DROIT HUMAIN Féd. française

« L’humanité n’existe pas encore »

Le monde nous interpelle. La société française et son devenir nous interpellent. Comme Sœurs et Frères d’une maçonnerie mixte et internationale répondant à la forme d’utopie contenue dans les mots DROIT HUMAIN.

Chaque humain d’aujourd’hui nous interroge et nous enjoint de chercher des vérités et des lumières renouvelées.

Le brouhaha qui nous entoure semble si puissant…

Pourtant l’humanité qui advient comporte toujours cette part de lumière ancienne intacte. Sachons discerner derrière le chaos apparent des contraires les formes d’une possible humanité fraternelle.

Celle-ci ne saurait être portée par des consciences malheureuses, par le repli sur soi, par le culte de l’immédiat, par le mépris des « assis », par les faces empoisonnées des identités meurtrières. Plutôt que d’identités, ne pourrait-on pas adopter l’idée chère à François Julien des ressources multiples à réfléchir, diffuser, faire circuler et partager ?

C’est le soin sur les plaies du monde qu’il faut trouver la force de mobiliser en nous et hors de nous pour le penser et le panser.

De grands enjeux apparaissent, qui touchent autant à l’intime qu’au cours du monde et de la planète.

A l’échelle géopolitique des pans entiers de domination sont affaiblis par d’autres dont nous ne soupçonnions pas la venue si rapide au premier plan, maîtrisant tant les algorithmes et les reconnaissances faciales que le chemin pour se poser sur la face cachée de la lune… Les blocs bougent, ne ressemblent même plus tout à fait à cette ancienne métaphore. Que faire ? Fermer les yeux ? Décréter le repli sur soi ? Ou s’emparer des questions ? Quoi qu’on fasse ne doutons pas que ce cours du monde n’influe en profondeur sur les vies à venir.

Des modes de pensée et de réflexion verticaux sont remis en question, depuis déjà long temps à vrai dire, et on les voit sous nos yeux en difficulté aujourd’hui.

La prunelle de notre œil républicain est à préserver : la liberté de créer, de penser, d’informer, la laïcité, les droits fondateurs, « l’esprit des lois », la séparation des pouvoirs, l’absolu respect de la dignité humaine… Mais on voit bien qu’ici et là, dans des lieux apparemment éloignés de la société française, certains cherchent d’autres chemins.

Ça craque, et comment s’en étonner ? Ou l’ignorer ?

Du côté des écarts inouïs des fortunes, l’intolérable est déjà atteint.

Certains ne veulent plus de ce qu’ils estiment être devenu un jeu biaisé aux cartes truquées, et cherchent avec les moyens du bord d’autres voies pour la démocratie. Qu’en penser ?

Et encore le souci de la planète, toujours là, non violent mais têtu.

Toujours les milliers de morts en Méditerranée.

Toujours l’ombre terroriste. Et le racisme décomplexé, l’antisémitisme, le complotisme opaque, l’antimaçonnisme pas seulement de l’autre côté des Alpes.

Prenons garde.

Où en est dans notre monde le respect de la dignité humaine ? L’égalité entre les hommes et les femmes ? Qui a parlé de la chaîne de 600 kilomètres formée par des femmes en Inde ?

Des sous-produits frelatés circulent, bâtis sur des plans de com’ cyniques et rentables. Le vrai semble devenir un moment du faux comme disait un moraliste du siècle dernier.

L’intelligence artificielle ?… Déjà là. Que fait-on ?

Le temps des vœux est justement un temps, particulier. Un moment non pas suspendu, mais un point dynamique au visage de Janus.

A l’intersection de l’horizontalité du cours des choses et de la verticalité de l’Idéal guidant l’action. A cette intersection, l’homme en construction.

Nous avons la mémoire vive de l’année écoulée, et plus ancienne encore. Et l’aspiration à un futur meilleur, proche et lointain, conforme à nos idéaux de Liberté, d’Égalité, de Fraternité, de justice sociale, de fraternité universelle.

Les vœux ne sont pieux que s’ils ne visent pas l’action car ils nous laissent alors sans mains ni chemins à tracer.

Veiller pour agir.

« DROIT HUMAIN » peut peut-être se dire aujourd’hui comme au début du siècle dernier : «l’humanité n’existe pas encore».

Poursuivons sans relâche.

Alain Michon Grand Maître National

Fédération française du DROIT HUMAIN

6 Janvier 2019.