LA CONVENTION D’ISTANBUL – Commission Europe de la Fédération française LE DROIT HUMAIN

Rédigé le 02/04/2021
LE DROIT HUMAIN Féd. française

Le Suprême Conseil de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN, dans un communiqué en date du 26 mars 2021, déplore le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul. Premier pays à avoir ratifié la convention d’Istanbul le 14 mars 2012 celle-ci est désormais le premier pays à en sortir.

Qu’est-ce que la Convention d’Istanbul ?

La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (dite Convention d’Istanbul) repose sur quatre piliers. La prévention, la protection, les poursuites et les politiques coordonnées. Cela en fait le premier instrument en Europe à établir des normes contraignantes visant spécifiquement à prévenir les violences fondées sur le genre, à protéger les victimes de violences et à sanctionner les auteurs.

Née des travaux entrepris par le Conseil de l’Europe elle permet de prendre la mesure des violences faites aux femmes, de déterminer les lacunes juridiques et de développer des bonnes pratiques.

Adoptée le 07 avril 2011 par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe puis conclue et signée le 11 mai 2011 à Istanbul en Turquie, elle entre en vigueur le 01 août 2014, liant uniquement les Etats qui l’ont signée. Ne sont donc pas concernés des pays pourtant membres de L’UE : la Bulgarie, la Lettonie, la République Tchèque et la Slovaquie. La Hongrie, quant à elle, a signé la convention mais a refusé en 2020 de la ratifier.

Ces pays refusent un texte qui ferait la promotion d’une prétendue idéologie du genre.

Le 13 juin 2017 c’est la commissaire européenne Vera Jourova qui a signé la Convention au nom de l’Union Européenne.

La lutte contre la violence nous concerne toutes et tous

Chacun ayant droit à une vie sans violence, y compris au sein du couple et de la famille, la convention d’Istanbul doit rester notre référence absolue dans l’atteinte de cet objectif.

Et ceci particulièrement dans le contexte sanitaire actuel très défavorable aux femmes, aux minorités ethniques et aux communautés LGBTI. Les effets en sont d’ores et déjà documentés : bond des violences domestiques, charge de travail supplémentaire, pertes de revenus, aux soins gynécologiques et obstétriques, à la contraception et à l’IVG…

Dans le sillage du Suprême Conseil de l’Ordre Maçonnique Mixte International le DROIT HUMAIN, la Commission Europe de la Fédération Française relaie son message et appelle tous les Francs-maçons à ne pas relâcher leur vigilance quant aux discriminations et violences à l’égard des femmes. La Convention d’Istanbul initiée par l’Europe est un outil juridique qui mérite notre soutien, que nous devons défendre et faire connaître. Nous dénonçons l’instrumentalisation à des fins politiques du droit des femmes. Nous déplorons l’utilisation de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique par des courants nationalistes, conservateurs et sexistes et tous les mouvements qui discréditent la notion de genre en vue de justifier la domination des hommes sur les femmes.

Texte de la convention d’Istanbul

https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/treaty/210

Les quatre piliers de la convention d’Istanbul

https://rm.coe.int/coe-istanbulconvention-brochure-fr-r03-v01/1680a06d50

Les droits des femmes et l’épidémie de Covid-19

https://www.coe.int/fr/web/genderequality/women-s-rights-and-covid-19